Soudan: le président Omar el-Béchir destitué par l’armée

Au Soudan, après plus de trois mois de contestation, le président Omar el-Béchir a été contraint de quitter le pouvoir. Le ministre de la Défense a annoncé sa destitution à la télévision publique. Suivez la situation en direct.

Le ministre soudanais de la Défense a annoncé la destitution d’Omar el-Béchir.

Un conseil militaire va administrer le pays pendant une période transitoire de deux ans, a précisé le ministre. Des milliers de personnes ont afflué jeudi sur le lieu où se tient depuis le week-end dernier un sit-in de protestation devant le siège du ministère de la Défense dans le centre de la capitale, Khartoum.


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12h50 : Rachid Saeed Yacoub, porte-parole de l’Association des professionnels soudanais, organe qui a lancé le mouvement de contestation en décembre dernier a réagi en direct dans notre édition spéciale. Il salue la destitution d’Omar el-Béchir mais affirme que le mouvement n’est pas terminé.

« On a demandé à ce que l’armée constitue un groupe pour discuter avec nous sur les modalités de transition. L’armée a décidé d’agir toute seule et de se passer de nous. On demande aux Soudanais de rester dans la rue, de continuer leur sit-in devant le QG de l’armée et dans les grandes villes du pays. On ne va pas laisser l’armée diriger toute seule la période de transition. On ne peut pas se contenter d’une déclaration unilatérale de l’armée. »

12h45 : Les milliers de manifestants présents parfois depuis des jours dans les rues de la capitale soudanaise ont laissé éclater leur joie, après l’annonce de la destitution d’Omar el-Béchir.

Des manifestants soudanais sur le toit d’un bâtiment à proximité du ministère de la Défense, le 11 avril 2019.

12h30 : Mais qui est le président soudanais ? Militaire dans l’âme, Omar el-Béchir rejoint l’armée dès 16 ans, avant de combattre plusieurs fois, notamment contre Israël. Il gravit les échelons et prend le pouvoir en 1989 lors d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide des islamistes. Dès lors, Omar El Béchir lance une purge et instaure un régime islamo-militaire.

D’un côté, il soigne son appareil sécuritaire. De l’autre, il introduit la charia et abrite des terroristes, dont Oussama Ben Laden lui-même. Le Soudan devient dès lors un Etat-voyou. Les Etats-Unis le placent sur leur liste noire. Le président soudanais n’hésite pas non plus à lancer des guerres sanglantes dans son pays, au Sud puis dans l’Ouest, au Darfour, au prix de centaines de milliers de morts.

En 2009, la CPI lance un mandat d’arrêt contre lui, pour génocide, crimes de guerre et contre l’humanité, mais le chef d’Etat effectue près de 150 déplacements à l’étranger sans jamais être arrêté. Au fil des ans, Omar el-Béchir avait abandonné le soutien aux islamistes et Washington avait même allégé ses sanctions. Le président soudanais continuait malgré tout les discours enflammés contre ses vieux ennemis occidentaux et haranguait la foule en agitant sa fameuse canne autour de lui.

12h15 : Le ministère soudanais de la Défense annonce la fermeture des frontières et de l’espace aérien jusqu’à nouvel ordre.

12h05 : C’est officiel, Omar el-Béchir n’est plus président du Soudan. Le ministre de la Défense vient d’annoncer sa destitution et son arrestation, ainsi que celle des principaux cadres du régime, lors d’une allocution à la télévision d’Etat. « J’annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef », a déclaré Awad Ahmed Benawf. Un conseil militaire va administrer le pays pendant une période transitoire de deux ans, a-t-il précisé.

12h : Rendez-vous à 12h30 pour notre édition spéciale sur la situation au Soudan. En attendant, pour réécouter notre édition spéciale de 11h15, c’est par ici.

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